Michaux, Emergences-résurgences, extrait
Lire et relire ce livre, qui me ressource tellement… Je l'ai déjà dit ailleurs, mais il a surgi du fond de ma bibliothèque je ne sais comment un jour où j'y farfouillais, sans que je l'aie jamais lu. Ça faisait déjà un an et demi que j'avais entrepris la démarche de peinture / dessin visible sur ce blog, et les yeux me sont sortis de la tête lorsque je me suis rendu compte que la démarche de Michaux avec la peinture était si proche de celle qui me hantait, sans le savoir. J'y retrouvais mes écueils, mes errements, mes questionnements – mais formulés en mots par un écrivain de taille, qui plus est maître de l'expression de l'intime, quoiqu'autrement formulés dans le trait et la forme plastique.
Alors je le relis, périodiquement. Il m'encourage, me soutient, m'invite à continuer dans ma démarche lorsque je doute. J'en livre un extrait, pour le plaisir – le mien en tout cas…

Henri Michaux: Mouvements (détail) 1951
"Et la peinture? Et ce que je m'étais promis d'entreprendre?
Embarras: je ne veux apprendre que de moi, même si les sentiers ne sont pas visibles, pas tracés, ou n'en finissent pas, ou s'arrêtent soudain. Je ne veux non plus rien «reproduire» de ce qui est déjà au monde. Si je tiens à aller par des traits plutôt que par des mots, c'est toujours pour entrer en relation avec ce que j'ai de plus précieux, de plus vrai, de plus replié, de plus «mien», et non avec des formes géométriques ou des toits de maison ou des bouts de rues, ou des pommes et des harengs sur une assiette; c'est à cette recherche que je suis parti.
Difficultés, enlisement."
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