Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
25 septembre 2009 5 25 /09 /septembre /2009 23:10
Gangrène à force d'avoir les doigts crochus, crispés sur le bien commun,
Impuissance à la jouissance pure et simple de l'instant,
Envie destructrice chronique,
Avidité sans fond,
Confusion de l'être et de l'avoir,
Ces maladies de la relation au monde
Sont en train de le détruire…



Cette "crise" qui n'est pas la nôtre mais dont nous seuls faisons les frais est analysée par Frédéric Lordon sur Là-bas si j'y suis, mercredi 23 et jeudi 24 septembre.
Clair. Edifiant. Salutaire.
Je conseille à tout le monde d'écouter ces deux émissions – on peut sauter les répondeurs [quoique] et passer directement au chapitre 4 de chaque émission.

Moralité:
Ce n'est pas en se bouchant les yeux qu'on est à l'abri: plus les ouvrira tard, plus la baffe sera sévère…

PS: j'ai déjà proposé un hymne, s'il fallait un chant fédérateur…
Repost 0
publié par L'atelier d'Annik - dans Refaire le monde
commenter cet article
12 septembre 2009 6 12 /09 /septembre /2009 23:21
Une grande campagne internationale rassemble des organismes de protection de l'environnement et des droits humains (Greenpeace, Avaaz, Equiterre, Amnesty International et bien d'autres) pour sommer les dirigeants de prendre des mesures énergiques contre la menace climatique qui pèse sur nous, lors du prochain sommet de Copenhague en décembre 2009.
Une action simultanée est prévue partout sur la planète le 21 septembre, où les gens se rassembleront pour montrer leur détermination à ce que tout soit mis en œuvre pour la préservation du climat.

Et vous, que ferez-vous ce jour-là?
Moi, je serai là:
cliquez sur le logo pour voir la carte mondiale des événements du jour

J'espère que vous y serez aussi, près de chez vous: plus on sera de fous, moins il y en aura pour continuer à produire des gaz à effet de serre…
Repost 0
publié par L'atelier d'Annik - dans Refaire le monde
commenter cet article
27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 23:55

Proposition pour le thème du mois de juin du MAB (melting art blog).
Une théorie édifiante pour ceux qui ont envie de lire:
Jared Diamond: Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie.
Repost 0
publié par L'atelier d'Annik - dans Refaire le monde
commenter cet article
8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 21:53
Bien qu'il n'y en ait qu'une seule dans l'année, la journée de l'environnement est une bonne chose. Nous avons tous vu le film de Yann Arthus-Bertrand, ou à tout le moins connaissance de son contenu.
Si ce n'était pas déjà le cas, maintenant nous savons, nous ne pouvons plus nier que nous sommes à l'origine de changements irréversibles à l'échelle de la planète. En cela, ce film est une pierre  sur le chemin d'un changement de la représentation que nous nous faisons du monde.

Sans être helléniste ou égyptologue, loin de là, mais le format blog autorise toutes les audaces, j'ai l'intuition que notre rapport au monde a basculé lorsque nous sommes passés du polythéisme au monothéisme. Les civilisations polythéistes entretenaient une préoccupation qui a disparu avec les dieux multiples: leurs rapports compliqués. L'un était jaloux de l'autre, qui était capable de colères terribles, qui pouvait créer des cataclysmes épouvantables, des guerres sanglantes… Dans de telles cultures, le  rapport des éléments entre eux et des conséquences possibles de nos attitudes était présents aux esprits par essence.
La notion de dieu unique a changé notre angle de vue sur le monde. Ce dieu fait à notre image, plus que nous ne sommes faits à la sienne, nous a séduits par sa puissance. Nous n'avons eu de cesse à vouloir l'égaler, et à force de questionner la nature et son fonctionnement, nous avons fini par être en mesure de créer un grain de sable, fiers et imbus de notre savoir. Nous l'avons aussitôt placé dans les subtils rouages de l'équilibre énergétique de la planète.
Si ce pouvoir que nous avons acquis est minuscule, nous savons aujourd'hui que ses effets ne le sont pas.
Mais, dès lors que nous ne sommes plus ignorants, pourquoi n'arrêtons-nous donc pas immédiatement?

Savoir n'est pas pouvoir.
Nous voudrions bien arrêter, mais… La volonté s'étiole dans toute une cascade de «mais» dans lesquels nous dégringolons. Comment prendre en compte de manière prioritaire les besoins d'un organisme aussi grand et complexe que celui qu'est la Terre, quand nous ne sommes  pas même capables de prendre en compte l'intégralité du nôtre?
Nous sommes enferrés dans nos habitudes, nos défenses, nos angoisses, incapables de répondre à nos propres besoins fondamentaux – ou de manière épisodique dans le meilleur des cas. Notre organisme? Il fait ce qu'il peut, oscillant entre ses besoins et ce qu'il reçoit. Lorsqu'on ne l'écoute pas, il fait comme l'éco-système: il crie. Il tombe malade, il crée un accident.
Certains d'entre nous sont capables d'entendre ces cris, enfin parfois. Il arrive que l'oreille s'affine, et l'on entend même des chuchotements, tout un discret discours au fond de soi. Les besoins qui babillent ainsi sont nombreux, variés. Un besoin qu'on écoute à temps, c'est comme une soif qu'on étanche avant qu'elle ne nous ait brûlé la gorge, c'est le goût délicieux de l'eau fraîche qui coule dans la gorge.
C'est une démarche hésitante, ardue, pleine d'obstacles et d'obscurcissements. Certains l'entreprennent, pour leur plus grand bien. Ils partent à la conquête de cet espace intérieur, toujours plus large, vers le mieux-vivant.

L'autre alternative, c'est de se boucher les yeux, les oreilles et la bouche (les trois petits singes, vous connaissez). Le corps rechigne? Chimie. Il n'a qu'à bien se tenir, qui c'est le capitaine, là? Oui. En effet. Ça marche aussi. Mais qu'y aura-t-on gagné? Rien qu'un plus grand déséquilibre. Mais c'est plus confortable. Beaucoup plus confortable. Le confort est l'antithèse de la santé physique, de la curiosité, de la créativité, du désir d'apprendre, de la tolérance à la frustration et de la capacité de la métaboliser. Le confort est un coton rempli d'éther qui nous endort: c'est si doux… On n'a besoin de ne rien remettre en question, on s'en remet aux assurances, aux médecins, aux entreprises pharmaceutiques, aux grandes surfaces, à la télévision, aux réseaux financiers. De grâce, p(e)ansez pour moi. Ma responsabilité? Couverte.

Et au niveau de la planète?
A quoi servent toutes les innovations technologiques que nous, aspirants-dieux, avons développées? A développer notre confort, et du même coup à limiter notre engagement, nos efforts et notre responsabilité individuels. A ce niveau-là également, le confort interdit le changement et garantit l'avancée vers un déséquilibre toujours plus grand. Il me semble que ce serait la première des choses à interroger, le premier des freins à lever. Quand toute notre civilisation finissante n'est tendue que vers ce seul but, j'ai quelques craintes…

Et pourtant, si ce changement profond de paradigme qu'a été l'avènement du monothéisme a permis de transformer à ce point notre rapport au monde, et le monde lui-même, il est permis de penser qu'un autre changement de paradigme puisse le transformer encore…
Peut-être pourrions-nous penser le monde de manière moins anthropocentriste, nous penser nous-mêmes au niveau de tous les autres éléments constitutifs de la planète, sans autre valeur que celle de n'importe quel organisme vivant, et intrinsèquement liés à eux?
Peut-être pourrions-nous nous pencher vraiment sur nos besoins fondamentaux, en particulier celui de vivre en harmonie avec nos semblables et avec notre environnement, qui prend sa source dans la connaissance et l'ouverture la plus large possible à ce que nous sommes, profondément, et à ce que nous vivons, à chaque instant?

En constante quête de distractions, de compensations, de comblement, peut-être pourrions-nous tendre vers un état d'attention, de sensibilité maximale, et l'exprimer alentour?
Peut-être la responsabilité de l'artiste se situe-t-elle précisément là: être présent au monde et à lui-même, instant après instant, aiguiser sa sensibilité et la partager. Si d'aventure quelqu'un s'en trouve ému, mis en mouvement, un pas vers un nouveau paradigme est peut-être posé.
Repost 0
publié par L'atelier d'Annik - dans Refaire le monde
commenter cet article
15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 15:55
Qu'est-ce que ce nouveau vocable, qu'on entend fréquemment prononcer dans les médias depuis quelque temps? Je dois dire que je ne le comprends pas.

Crise désigne étymologiquement une décision, un choix, un acte à poser, impliquant un changement.
Par extension, le mot a ensuite désigné des déséquilibres profonds, dans le champ politique, économique, social.
Pour ma part, je trouve déjà cette extension hasardeuse, car elle montre à quel point il est difficile pour le plus grand nombre et en particulier pour les gouvernements et les médias qui en ont la bouche pleine d'envisager la crise comme quelque chose de salutaire, libérateur, comme un signe de santé indiquant la nécessité d'un changement, comme la radieuse possibilité d'un avenir qui corresponde mieux aux besoins. Du point de vue des institutions et gouvernements, on parle de "gestion de crise", ce qui consiste à déployer tous les efforts possibles pour tuer l'expression du problème dans l'œuf; erreur à mon avis explosive.

Humanitaire qualifie des actions philanthropiques, qui visent au bien de l'humanité au nom de la solidarité humaine. Il s'agit d'empathie, de générosité, suivies d'actions pour que nous vivions tous dans de meilleures conditions. Cet adjectif est splendide.

Mais alors, que signifie l'accolement de ces deux mots: crise + humanitaire?
De l'étymologie, je peux déduire ceci: il s'agit d'une décision à prendre, qui tienne compte des besoins exprimés de manière paroxystique par les populations, de façon à assurer le bien-être et le bien-vivre de l'humanité.
C'est louable, grand, généreux, magnifique. Compte tenu de la fréquence à laquelle on utilise le vocable en ce moment, ça doit être le signe que les temps changent, que nous prenons enfin en considération les besoins élémentaires du plus grand nombre d'entre nous, que la suprématie de l'égoïsme s'éloigne: c'est merveilleux.

Là où je ne comprends plus, c'est lorsque je m'attarde sur le contexte de ce généreux vocable.
Il est en général appliqué à des déplacements de population dus à la guerre (Darfour, Soudan, Vallée du Swat au Pakistan, Somalie …), et à rien d'autre. On constate. Les populations quittent tout, sont décimées sur le chemin, souffrent, s'entassent dans des camps de réfugiés aux conditions de vie insalubres, où tous les fléaux les menacent: séparation des familles, maladie, malnutrition,  famine, prise en otage par certains belligérants…

Où est la prise de décision, à part celle des populations de fuir pour leur survie? Où est la prise en compte des besoins des populations? Il n'est même pas question d'envisager un mieux-vivre, il s'agit simplement de survivre… On est loin de l'idée philanthropique suggérée par l'étymologie du mot.

A mon sens, ce vocable est utilisé dans un contresens total, lénifiant à souhait et visant à soulager les opinions publiques de leur culpabilité.
Ce vocable dit: "c'est horrible, mais rassurez-vous, on est conscient de ce que ces populations vivent, on compatit, on agit – sous-entendez: on pare au plus pressé, on évite que le nombre de morts soit par trop culpabilisant, on envoie des couvertures et des médicaments de façon à rendre l'enfer un tout petit peu viable".
Ce vocable vise aussi à soulager le commun des mortels du poids de son porte-monnaie, car il signifie aussi: si on ne fait pas plus, c'est de votre faute, donnez de l'argent, des vivres, des jouets,
des habits, des médicaments, des couvertures, du matériel scolaire…

A l'écoute de cette locution, en un instant on a saisi tout cela. On est empêtré dans sa culpabilité: si l'on a donné, alors on peut se rendormir un sourire béat aux lèvres – bien qu'on n'ait rien changé au fond du problème. Si l'on n'a pas donné, on porte le fardeau de la culpabilité globale, on soupire à l'unisson des médias en se raccrochant à la certitude qu'"on" s'en occupe, puisqu'"on" en parle.

C'est pratique de faire porter cela aux citoyens. Les décisions d'une telle ampleur n'ont évidemment pas à être portée par les populations. Les choix doivent être pris au niveau des gouvernements: aide au niveau logistique, financier, évacuation des populations menacées vers des zones où ces fléaux ne menacent pas et dans des conditions décentes, blocus économique des gouvernements responsables, etc.
Mais surtout: pourquoi ne parle-t-on pas des armes qui sont les moyens de ces horreurs? D'où viennent-elles? Qui les fabrique, qui les vend, qui les achemine? Qui laisse faire?
Mais aussi: quels sont les enjeux macro-politiques pour laisser pourrir la situation dans un pays, loin là-bas? De quoi détourne-t-on ainsi l'attention des populations dans les autres pays?
Il me semble qu'un nombre raisonnable de réfugiés, d'affamés, comme de chômeurs, est un licol fort convenable pour garder les populations sur le droit chemin de l'obéissance.

Nous entendons ces propos lénifiants tous les jours. Et si nous cessions de gober tout rond les mots avec leur amère pilule, peut-être
entendrions-nous ce qu'ils disent réellement? Le sous-discours est si souvent édifiant…
Repost 0
publié par L'atelier d'Annik - dans Refaire le monde
commenter cet article
4 mai 2009 1 04 /05 /mai /2009 22:18
Comme beaucoup d'entre nous, je me demande devant ce grand battage médiatique, si la grippe au doux nom de A-H1N1 est placée au niveau 5 sur 6 du risque de pandémie au nom du principe de précaution – comme on a agité devant notre nez le spectre de sa cousine la grippe aviaire – ou si la menace est réelle.

5 sur 6, c'est la catastrophe imminente, mais elle n'est pas encore là… Quel sens cela a-t-il? A force de crier au loup, les populations ne risquent-elles pas de ne plus tenir compte des alertes?

Ce que je constate froidement, c'est que malgré la crise, le fabricant du Tamiflu (Roche) se porte bien (+ 3,51% dans la semaine). Malgré ces collusions douteuses entre l'OMS et les grands industriels pharmaceutiques, un bon point pour Roche: la firme semble avoir autorisé la fabrication de médicaments génériques du Tamiflu.

Ça a un côté bien pratique, de créer un vent de panique plus ou moins maîtrisé. La crise passe au second plan. Les cafouillages crapuleux des banques et des traders sont oubliés. Le spectre du chômage recule devant celui de la grippe. Manipulations? Ou paranoïa de ma part?

Mais la question centrale n'est pas encore là. La question que je me pose depuis le début des alertes sanitaires (vache folle, grippe aviaire), ce sont les conditions dans lesquelles un virus peut muter pour devenir dangereux.
Il est évident que des concentrations énormes d'animaux, dans des conditions sanitaires forcément douteuses dans un tel contexte de promiscuité, favorisent la propagation des virus et autres infections. Plus l'élevage est grand, plus le virus a le temps de se transformer en passant d'une bête à l'autre. En ce qui concerne des pays comme la Chine (pour le H5N1) ou le Mexique (pour la A-H1N1), on peut facilement imaginer des conditions d'hygiène humaine un peu moins rigoureuses que dans nos pays… Et le champ est libre pour le virus.

J'en étais là de mes réflexions lorsque je suis tombée sur cet article de rue 89, qui va exactement dans ce sens, reportage à l'appui.

Encore une fois, l'appât du gain, l'avidité sans limite sont plus forts que les précautions élémentaires, et ce sont les populations qui en font les frais. Combien de temps allons-nous encore supporter de nous faire plumer, gruger, affamer, tuer?

La seule chose que je souhaite est l'écroulement de ce système vérolé jusqu'à la moelle…
Repost 0
publié par L'atelier d'Annik - dans Refaire le monde
commenter cet article
1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 14:40

Ce que je trouve intéressant, en se penchant sur l'étymologie et sur l'histoire de cette journée, c'est que nous en avons
très rapidement perdu le sens fondamental: celui d'une société émancipée, libérée du travail contraint (qui rejoint son sens étymologique de torture…).

Lorsque nous défilons, aujourd'hui, nous sommes aux antipodes de l'esprit fondateur de cette journée: nous réclamons du travail contraint, nous réclamons d'être encore enchaînés à nos postes de torture, nous réclamons d'être encore soumis aux lois du marché, d'être encore floués par ceux qui ne partagent pas les richesses.

Une société émancipée, ne serait-ce pas une société où ceux qui produisent ont en mains les fruits de leur travail? Une société où les capitaux servent de sang et d'oxygène à tous, plutôt que de servir l'avidité inépuisable de ceux qui possèdent déjà tout? Une société où l'argent sert à échanger des biens, plutôt qu'à accumuler de la richesse?

Nous l'avons perdu de vue, et largement. Nous continuons ainsi à foncer vers le mur.

Je ne défilerai pas avec ceux qui brandissent leur chaîne brisée en suppliant qu'on l'attache à nouveau au tripalium.
Repost 0
publié par L'atelier d'Annik - dans Refaire le monde
commenter cet article
30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 13:15

2. Comment pouvons-nous agir?

Les moyens que nous avons à portée de la main me paraissent limités…
- la révolution, avec la question béante de savoir s'il est possible gérer le déséquilibre profond et les blessures infligées par une révolution, et si un quelconque leader pourrait être capable d'emmener des foules sur un chemin qui ne soit pas celui du fanatisme ou de la dictature, mais d'une évolution constructive;
- le développement de chaque individu, avec l'autre question brûlante: savoir si nous serons en mesure d'aller assez vite pour assurer la survie de l'espèce. Pourtant, sans évolution émotionnelle et affective, l'histoire tourne en rond et nous répétons les mêmes erreurs à l'infini (insatisfaction > désir de plus de biens au détriment de l'ensemble > déséquilibre > danger pour l'ensemble). Toutes les civilsations qui nous ont précédés se sont écroulées à cause de ce mécanisme.

Pour moi, le choix est clair. C'est la deuxième alternative la plus viable. Mais vite…
Comment pouvons-nous devenir plus responsables de nos actes, de notre lien aux ressources communes, des échanges que nous avons avec les autres?

Pour ma part, ma capacité d'endosser cette responablilité est proportionnelle à ma sensibilité – à moi-même, à ce qui m'entoure.
Plus je suis sensible et ouverte à mes perceptions, sensations et émotions, à mon insertion dans le monde, plus j'ai besoin d'être bien calée, en accord avec moi-même et ce qui m'entoure. En état de sensibilité, les entorses à ce que je sais et sens être juste me font trébucher toute entière.

La peinture est pour moi un chemin très direct vers cette attitude. Créer me maintient debout, mieux vivante, me permet de ressentir, au jour le jour, les variations de mon rapport au monde.

Ce chemin est direct… mais lent.
Je suis pessimiste, car nous n'avons pas le temps.

Et en même temps je rêve.
Il me semble que c'est le dernier recours.

Je rêve que les humains, chacun pour eux, grandissent, se retournent sur leur ombre, l'emportent avec eux et la chérissent, au lieu de la fuir comme des perdus.
Je rêve que leur ombre, perchée sur leur épaule, chuchote sans cesse à leur oreille, leur décrit à tout instant ce qui grouille au fond d'eux: leurs peurs, leurs angoisses, leurs frustrations, leur mauvaise humeur, leurs désirs de pouvoir, leur haine, leur envie, leur avidité. Elle raconte les monstres, et en même temps, elle rit aux éclats de ces minuscules cataclysmes fantasmés, si dérisoires à l'échelle de l'humanité.
Je rêve de cette ombre qui rit, rit de toutes ses dents; je rêve que les humains, chacun pour eux, écoutent leur ombre, et petit à petit baissent la garde, sourient en-dedans d'eux, puis que leur torse se contracte spasmodiquement, laissant monter l'air par saccades jusqu'à la gorge, puis éclatent en un gigantesque fou-rire salvateur, catharsis enfin…



Je rêve à haute voix: à quoi sert un rêve tu?
Ainsi peut-être mon rêve sera-t-il entendu par d'autres rêveurs du même rêve. Ensemble, nous pourrons former un ruisseau. Puis une rivière. Puis un fleuve. Puis un océan. Puis un tsunami. Puis la médiocrité sera balayée…

Repost 0
publié par L'atelier d'Annik - dans Refaire le monde
commenter cet article
27 avril 2009 1 27 /04 /avril /2009 11:00
Quelques réflexions personnelles…



Si les animaux se regroupent en meutes, en hordes ou en bandes, c'est que la force du groupe est supérieure à la somme des individus qui le composent. Le groupe est puissant, aussi bien dans ses effets de protection des individus que dans ses lois. Il y a les individus dominants (souvent des mâles), et les dominés. Le dominant gagne son pouvoir en faisant preuve de sa force sur les autres, qui se soumettent. Les soumis baissent la tête, offrent leur gorge, faisant acte d'allégeance.
Ainsi en va-t-il de nous, humains: nous sommes des animaux grégaires. Je me répète hélas, nos fonctionnement sociaux n'ont guère changé depuis la nuit des temps, et l'écart entre les moyens matériels, intellectuels dont nous disposons et notre évolution en termes de comportement et maturité affective n'a cessé de se creuser.

Les ravages les plus profonds et les plus visibles de notre société se produisent sur notre environnement naturel, ainsi qu'économique et social.
Mais il en est de plus subtils, qui font que nous reproduisons le même à l'infini: les modes de communication.

Le syllogisme me paraît être le suivant:
- ceux qui ont le pouvoir imposent
- tout le monde court après le pouvoir
- tout le monde obéit, car personne n'a jamais suffisamment de pouvoir à son goût.

Ainsi, la souffrance s'installe, tant chez ceux qui désirent le pouvoir, refoulant par là une large part d'eux-mêmes, celle qui est sensible, que chez ceux qui subissent l'imposition de ces miettes de pouvoir.
Aucun groupe, aucune institution n'est à l'abri de cela, même chez ceux qui réfléchissent à la marche du monde…
Pourtant, le monde ne commence pas à la frontière de notre peau – le monde du dedans, les émotions et les rapports humains en font partie.

Mais de quoi ce désir de pouvoir nous protège-t-il?
De l'angoisse de manquer, de mourir? De la crainte d'être soumis, dépendant? Du sentiment de ne servir à rien, angoisse d'être réduit à néant?
De notre possessivité, de sentir la haine qui couve en nous?
Ces pulsions anciennes de possession du monde sont si ancrées, intimement liées à des angoisses originaires de vie ou de mort, que nous les transposons partout, avec leur cortège destructeur: avidité, envie, haine – et autour de nous.

Le monde que nous avons construit est assis là-dessus. Nous régressons. Nous sommes en proie aux pulsions. Nous n'avons plus conscience de leur impact sur le groupe social dont nous faisons partie, et reconnaissons à grand'peine celui sur l'environnement.

Il est temps de grandir, de cesser de se croire chacun le centre du monde, d'affronter nos peurs et nos angoisses, et de cesser de tenter de les atténuer en consommant et en accumulant toujours plus de biens.
Sans quoi, et nous le savons, nous nous exposons au pire, socialement, du point de vue de l'environnement, des déplacements de population, et j'en passe.

Je dois dire que je suis pessimiste. Il me semble que nous n'avons plus le temps de grandir, de prendre chacun nos responsabilités. Les dirigeants sont corrompus, assoiffés de pouvoir, et nous ne pouvons pas compter sur eux pour proposer un cadre légal qui contiendrait nos pulsions: juste une réponse répressive, forcément explosive à terme.

Il ne me reste qu'à écrire, et à souffler sur la douce sphère blanche du pissenlit en rêvant que ses parachutes délicats portent au loin une petite graine d'alerte à la barbarie, une de désir de respect, une autre de besoin de congruence, une autre d'empathie, une autre de responsabilité, et beaucoup de désirs de croissance personnelle, et non matérielle… Le rêve est puissant, mais le sera-t-il assez?
Repost 0
publié par L'atelier d'Annik - dans Refaire le monde
commenter cet article
4 avril 2009 6 04 /04 /avril /2009 22:15

Le développement durable est une auberge espagnole…


Pour les uns, cela signifie responsabilité écologique, penser de nouveaux modes de vie moins gourmands en énergie et plus respectueux de l'environnement.

Pour ceux-là (dont je suis), il s'agit de repenser les échanges économiques, de prendre en compte les coûts réels, induits, de la circulation outrancière des marchandises, de modérer sa consommation d'énergie, de biens, pour réduire l'impact humain sur l'environnement.

Contre-exemple: production de lait d'un côté de l'Europe, de pots de l'autre, envoi du tout encore ailleurs pour finir par la vente dans toute l'europe de yaourts qui auront fait près de 10'000 km)
Pour ceux-là, il faut reconstruire une économie de proximité, et développer les aspects humains et sociaux qui ont tellement pâti de la course à la rentabilité.

 

  Contre-exemple: les vieux dans les maisons de retraite sont soi-disant maltraités par le personnel. Il s'agit en fait de la course à la rentabilité qui pousse les employés dont le temps est compté à "s'occuper" de 10 vieux à la fois, dans un créneau horaire extrêmement strict. La maltraitance est ici institutionnalisée, le personnel maltraité n'a pas les moyens de traiter correctement les vieux.


Pour les autres, et dieu sait si j'en entends, cela signifie : poursuivre la croissance (en y ajoutant un peu de vert…), et ce de manière durable (que le porte-monnaie se remplisse à tout jamais…).

Pour ceux-là, installer des ampoules économiques c'est pouvoir en mettre plus, installer une pompe à chaleur, c'est pouvoir vivre à 22° tout l'hiver, installer des panneaux solaires, c'est pouvoir chauffer l'eau de la piscine – au diable si la fabrication des ampoules économiques pollue, si on consomme le même nombre de kilowatts en chauffage qu'avant, si on consomme des mètres cubes d'eau en plus.

Pour ceux-là, le développement durable, c'est un marché immense, qui permettra de construire des usines de production en Chine, pour vendre de nouveaux produits en occident, et engranger plein d'argent dans les paradis fiscaux.

De ceux-là, je ne suis pas.


Pour moi, le développement durable est une louable intention qui ne va pas du tout assez loin.
Il ne s'agit pas de consommer vert, de se déplacer vert, de construire vert, etc. Pour sauver notre éco-système, il s'agit de consommer, se déplacer, travailler, s'agiter mille fois moins…

Il est grand temps de se rendre compte qu'un développement sans fin est analogue au cancer qui tue l'organisme qui le porte. Il serait normal que le développement stagne, voire régresse. Nous sommes saturés de biens, déficients en liens.
Souvenons-nous… Mais peut-être ne le savons-nous plus: la plupart des civilisations qui nous ont précédés se sont écroulées après avoir saccagé les ressources naturelles qui les nourrissaient (bois, eau, terres arables…). Nous y allons bon train.

On dit souvent abusivement "sauver la planète". Faux: la planète, elle s'en fout. Elle était là bien avant nous, elle sera là bien après nous. Nous ne sommes qu'une vermine qui court sur son dos.
Un jour, elle se grattera bien fort, et nous ne serons plus là.
Repost 0
publié par L'atelier d'Annik - dans Refaire le monde
commenter cet article

.

Rechercher

   
   

Archives

   
   

 

Catégories d'articles:

Questions techniques

Matériaux pour artistes

 

 


Mon travail artistique:

> Site

> Blog