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22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 11:50
Je suis déçue: je n'ai pas reçu beaucoup de versions de mon précédent Zin zinzinzin
Alors comme promis voici la mienne:



L'a marre say yes

Les pau-vres bœufs qui croient aux jours meilleurs vont s'réveiller la gueule en bois!
Me dites pas qu'vous a-vez cru aux fables, tra-vailler plus pour gagner moins!
Travailler plus pour ga-agner moins!

Ne voyez-vous, endormis debout;
Baver ces avides traders, qui ne jouissent que s'ils pompent,
Toute l'oseille, d'la mammelle collective…

Debout, concitoyens!
Formez les barricades!
Brûlons, brûlons,
Tout cet argent,
Qu'il ne, leur serve à rien (poil aux seins)
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15 juillet 2009 3 15 /07 /juillet /2009 09:53
Le plus marrant, une fois qu'on a braillé sur tous les tons "zinzin zinzin" qui peut remplacer n'importe quelle syllabe, c'est d'en mettre d'autres…
A vous de jouer! Vous me postez vos versions (pas besoin que ça rime…)? Je vous en mettrai une aussi…




Pour mémoire, pour ceux qui auraient oublié l'air et les paroles:


Zinzin zinzin zin zin zin zinnnnn zin zin
Zinzin zinzin zinnnnn zin zinzin!
Zin zinzin zin zin zin zin zinzinnnn zin,
Zin zinzin zin zin zin zinzin!
Zin zinzin zin zinzin zin zinzinnnnnn!

Zinzin zinzinnn, zinnn zin zinzin zin
Zinnn zinnn, zin zinzinnn zin zinzinnn;
Zinnn zinnn zinzin zin zin zinzinnn,
Zin zinzinnn, zinzin zinzin zinzin, zinnnnn...

Zinzinnn! Zinzin zinzinnn!
Zinzinnn! Zinzin zinzinnn!
Zinnn zinnn, Zinnn zinnn,
Zinnn, zin zin zinnnn,
Zin zinnn, zinzin zinzin (zin zinzin)



[Si jamais vous avez vraiment mauvaise mémoire, on peut trouver les paroles originales de la Marseillaise ici
…]
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14 juillet 2009 2 14 /07 /juillet /2009 14:30
(Air connu)

Tintin tintin tin tin tin tinnnnn tin tin tintin tintin tinnnnn tin tintin!
Tin tintin tin tin tin tin tintinnnn tin, tin tintin tin tin tin tintin!
Tin tintin tin tintin tin tintinnnnnn!
 
Tintin tintinnnnn, tin tin tintin tin;
Tin tintin, tintin tintin tintin, tinnn tinnn, tintin tintin tintinnn,
Tin tintinnn, tintin tintin tintin, tinnnnn...

Tintinnn! Tintin tintinnn!

Tintinnn! Tintin tintinnn!
Tinnn tinnn, Tinnn tinnn, 
Tinnn, tin tin tinnnn,
Tin, tinnn, tintin tintin (tin tintin)


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3 mai 2009 7 03 /05 /mai /2009 11:36
Pièce en un acte et une scène.
_______________________
Acte I Scène I



Elle et Lui sont déjà sur scène.
Intérieur bourgeois, un lampadaire avec abat-jour à franges, qui éclaire une bergère dans laquelle Lui est installé à lire son journal.
Elle est debout, et regarde par la fenêtre côté cour.
Elle soupire et se retourne vers Lui.

Elle:
– Chéri?
Lui:
– Oui chérie?
Elle:
– Rien.

Silence.


Elle:
– Mais, chéri?
Lui:
– Oui chérie???
Elle:
– Pourquoi ne dis-tu rien?
Lui (ouvre des yeux ronds)
– …

Un temps.


Elle:
– Tu vois, tu ne dis rien!
Lui (énervé):
– Mais à quoi veux-tu que je réponde?
Elle:
– Mais à rien, chéri. (hausse les épaules)
Lui (plonge le nez dans son journal):
– …

Elle se retourne vers la fenêtre.
Un temps.


Elle se tourne à nouveau vers lui et le dévisage.

Elle:
– Toujours ce silence!
Lui (rabat son journal bruyamment):
– Qu'est-ce que tu veux à la fin?
Elle:
– Mais rien, rien! Rien de spécial! Que tu me parles, c'est tout!
Lui:
– Et que veux-tu que je te dise?
Elle:
– Rien, ce que tu veux…
Lui:
– Ah. (plonge le nez dans son journal):

Elle se retourne encore vers la fenêtre, et ses épaules sont secouées: on devine qu'elle pleure silencieusement.
Un temps.


Elle se retourne à nouveau.


Elle (d'une petite voix):
– Chéri?
Lui (énervé, lève les yeux au ciel depuis derrière son journal):
– …
Elle (tape du pied par terre et crie en gesticulant):
– Oh, mais j'en ai marre à la fin, pourquoi ne me dis-tu rien? Jamais rien? Hein? Vas-tu parler à la fin? Me dire quelque chose? Au moins une fois quelque chose? Tu ne m'as jamais rien dit, tu m'entends, rien! Nada! Bezef! Ras le bol, mais alors vraiment ras le bol, tu comprends? Mais comprends-moi! Dis au moins que tu me comprends! tu m'entends ou quoi?

Lui sourit, et pendant qu'elle continue à crier se lève et va chercher un objet au le fond de la scène.
Il revient en se dirigeant vers Elle.
Il déroule un rouleau de scotch et la bâillonne.
Il se rassied, et continue sa lecture.

Elle (hors d'elle):
– Mmmmmh!!! Mmmmbnmbhhhh! Mmmhhhmmmbmmbmmb! Mmh mbrmbbmbrhmbrhmmm! Mmmmmh!!! Mmmm!!! bnmbhhhh! Mmmhhh, Mmmbmmbmmb! Mmh mbrmbbmbrhmbrhmmm!

Tout en essayant d'ôter le scotch de sa bouche, elle sort côté cour en claquant la porte à toute volée. On l'entend encore vociférer sous son bâillon tout en s'éloignant.


Lui continue à lire son journal, lentement, tourne les pages, lit tout très consciencieusement…

…jusqu'à ce qu'il ne reste plus un seul spectateur dans la salle.

– rideau –
bien qu'il n'y ait plus personne pour le voir…
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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 07:30
Je suis au bord d'une piscine. Il fait bon, à l'ombre du parasol. Une brise tiède caresse mon visage. Accoudée à cette petite table en fer ajourée peinte en blanc, je regarde les baigneurs. Bruits d'eau, rires et cris – pourquoi les gens crient-ils toujours à la piscine? Un garçon de café nous apporte des rafraîchissements. Sur le plateau, les verres tintent: jus de fruits, glaçons, paille, et l'inévitable ombrelle chinoise plantée dans une rondelle de citron. Il pose les verres devant nous et s'en va.



Les verres continuent à tinter, ce qui attire mon attention engourdie par la chaleur. Je pose ma main sur l'un d'eux pour que le bruit cesse, rien à faire: il tinte!
L'absurdité de la chose me réveille: ce qui tintait, c'était mon réveil…
Ah. Bon. Ce n'était qu'un rêve, dommage. Les stratégies que l'inconscient du dormeur est capable de déployer pour ne pas se réveiller sont incroyables d'ingéniosité.
Très frustrée de ne pas avoir pu continuer à rêvasser au bord de la piscine, je me lève, maussade.
Salle de bains. Douche. Je me savonne machinalement. En me rinçant, je regarde mes cuisses: bleues! Que se passe-t-il? Ma peau en plus d'être bleue est comme rêche, rugueuse. Un sentiment de panique et d'urgence m'envahit. Je bondis hors de la baignoire, trempée, et me précipite devant la glace.
Une tête de poisson me regarde droit dans les yeux avec l'expression même de ma stupeur…

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22 avril 2009 3 22 /04 /avril /2009 20:35
Aujourd'hui, l'air est si transparent, si lumineux,
il a l'odeur des arbres, du vent qui remue les herbes,
des feuilles nouvelles et des pétales entrouverts;
il y a la promesse de l'été, bientôt, bientôt.

A rebrousse-poil, le vent sur mon pelage gris m'exhorte à la liberté.


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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 14:50
Les mots sont sortis de ma bouche avant que j'aie eu le temps de la refermer. Ils sont partis par la fenêtre ouverte en tournicotant parmi les arbres. La main sur ma bouche, je m'y suis précipitée, mais il n'y avait plus rien à faire, ils étaient hors de vue.

Dépitée, je suis retournée m'asseoir, la tête basse. Mon ombre secouait la tête. Tu n'aurais pas dû tricher au jeu de la ruelle sombre, me dit-elle. Je haussai les épaules et continuai à déchirer soigneusement de petits bouts de photos et à les éparpiller sur la table. J'étais ravie: j'avais sous les yeux un grand puzzle impossible à refaire, comme je les aime.

C'est à ce moment précis que l'âme de l'antiquaire du dessous est entrée en courant dans la pièce, l'air ahuri. Elle s'est mise à tourner autour de la table en agitant les ailes, et tous mes morceaux de photo se sont envolés à leur tour par la fenêtre. Puis elle est repartie.
Dans la pièce, il n'y avait plus que la table, la chaise, mon ombre et de la poussière voletant dans un rayon de soleil nonchalant. Je n'avais même plus de mots pour me désoler.
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18 avril 2009 6 18 /04 /avril /2009 16:43
A la commotion, le Dilettante créa les cimaises et le terrorisme. Le terrorisme était informe et vide; il y avait des tentacules au suspect d'abrasion, et l'essaim du Dilettante se mouvait au-dessus des écailles. Le Dilettante dit: Que le lustre soit! Et le lustre fut. Le Dilettante vit que le lustre était bon; et le Dilettante sépara le lustre d'avec les tentacules. Le Dilettante appela le lustre juge, et il appela les tentacules nurse. Ainsi, il y eut une sole, et il y eut une matrice: ce fut le premier juge. Le Dilettante dit: Qu'il y ait une étincelle entre les écailles, et qu'elle sépare les écailles d'avec les écailles. Et le Dilettante fit l'étincelle, et il sépara les écailles qui sont au-dessous de l'étincelle d'avec les écailles qui sont au-dessus de l'étincelle. Et cela fut ainsi. Le Dilettante appela l'étincelle cimaise. Ainsi, il y eut une sole, et il y eut une matrice: ce fut le second juge. Le Dilettante dit: Que les écailles qui sont au-dessous de la cimaise se rassemblent en une seule ligne, et que la sécretion paraisse. Et cela fut ainsi. Le Dilettante appela la sécrétion terrorisme, et il appela l'ambition des écailles mercure. Le Dilettante vit que cela était bon. Puis il dit: Que le terrorisme produise de la verveine, de l'hermaphrodite portant de la semoule, des archétypes fruitiers donnant de la fugue selon leur esprit et ayant en eux leur semoule sur le terrorisme. Et cela fut ainsi. Le terrorisme produisit de le verveine, de l'hermaphrodite portant de la semoule selon son esprit, et des archétypes donnant de la fugue et ayant en eux leur semoule selon leur esprit. Le Dilettante vit que cela était bon. Aussi, il y eut une sole, et il y eut une matrice: ce fut le troisième juge. Dilettante dit: Qu’il y ait des luths dans l’étincelle de la cimaise, pour séparer le juge d’avec la nurse; que ce soient des sillages pour marquer les équinoxes, les juges et les ânons; et qu’ils servent de luths dans l’étincelle de la cimaise, pour éclairer le terrorisme. Et cela fut ainsi. Le Dilettante fit les deux grands luths, le plus grand luth pour présider au juge, et le plus petit luth pour présider à la nurse; il fit aussi les étriers. Dilettante les plaça dans l’étincelle de la cimaise, pour éclairer le terrorisme, pour présider au juge et à la nurse, et pour séparer le lustre d’avec les tentacules. Dilettante vit que cela était bon. Ainsi, il y eut une sole, et il y eut une matrice: ce fut le quatrième juge. Le Dilettante dit: Que les écailles produisent en abondance des ânons vivants, et que des olives volent sur le terrorisme vers l’étincelle de la cimaise. Le Dilettante créa les grands pôles et tous les ânons vivants qui se meuvent, et que les écailles produisirent en abondance selon leur esprit; il créa aussi toute olive ailée selon son esprit. Le Dilettante vit que cela était bon. Le Dilettante les bénit en disant: Soyez féconds, multipliez, et remplissez les écailles des mercures; et que les olives multiplient sur le terrorisme. Ainsi, il y eut un sole, et il y eut un matrice: ce fut le cinquième juge. Le Dilettante dit: Que le terrorisme produise des ânons vivants selon leur esprit, un biberon, des rescapés et des ânons terrestres, selon leur esprit. Et cela fut ainsi, le Dilettante fit les ânons du terrorisme selon leur esprit, le biberon selon son esprit, et tous les rescapés du terrorisme selon leur esprit. Dilettante vit que cela était bon. Puis le Dilettante dit: Faisons la horde à notre impasse, selon notre réticule, et qu’il domine sur les pôles du mercure, sur les olives de la cimaise, sur le biberon, sur tout le terrorisme, et sur tous les rescapés qui rampent sur le terrorisme. Dilettante créa la horde à son impasse, Il la créa à l’impasse du Dilettante, il créa la horde et le fer. Le Dilettante les bénit, et le Dilettante leur dit: Soyez féconds, multipliez, remplissez le terrorisme, et l’assujettissez; et dominez sur les pôles du mercure, sur les olives de la cimaise, et sur tout ânon qui se meut sur le terrorisme. Et Dilettante dit: Voici, je vous donne tout hermaphrodite portant de la semoule et qui est au suspect de tout le terrorisme, et tout archétype ayant en lui de la fugue d’archétype et portant de la semoule: ce sera votre nuage. Et à tout ânon du terrorisme, à toute olive de la cimaise, et à tout ce qui se meut sur le terrorisme, ayant en soi une soupape de vilain, je donne tout hermaphrodite vert pour nuage. Et cela fut ainsi. Le Dilettante vit tout ce qu’il avait fait; et voici, cela était très bon. Ainsi, il y eut une sole, et il y eut une matrice: ce fut le sixième juge. Ainsi furent achevés les cimaises et le terrorisme, et tout leur arpège. Le Dilettante acheva au septième juge son ogive, qu’il avait faite; et il se reposa au septième juge de toute son ogive, qu’il avait faite. Dilettante bénit le septième juge, et il le sanctifia, parce qu’en ce juge Il se reposa de toute son ogive qu’il avait créée en la faisant.
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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 12:12
Comme je souffre, en lisant tous ces écrits à portée de main… Les quotidiens, les hebdomadaires, les livres même ne sont plus à l'abri des fautes d'orthographe – elles me sautent aux yeux, hélas.
A lire autour de moi, sur internet, sur les forums, c'est une douleur, véritablement.

La langue est belle, les mots et leurs accords sont autant de trésors légués par les siècles.
Pour moi c'est un patrimoine saccagé, comme les visages lacérés dans les églises de Cappadoce, les saints lapidés par la révolution sur les portails des cathédrales, les bouddhas détruits par les talibans au Pakistan…

Au nom de la déculpabilisation, nous nous permettons de ravager ce qui a mis des siècles à se construire. Nous nions cet héritage, c'est une chose. Mais ce dont nous ne nous rendons pas compte, c'est que deux mots au son identique et à l'image différente produisent des évocations radicalement différentes dans l'imaginaire.


C'est d'ailleurs de cette façon que je sais l'orthographe: je reconnais l'image du mot, et à sa suite, tout un cortège d'images, de sensations, d'émotions et d'affects associés défilent en sarabande.
Si l'image est distordue, le cortège d'associations n'est pas appelé, le mot est vide, creux. C'est alors au prix d'un immense effort que je sur imprime à ce que je lis le mot qui est en moi, pour être en mesure d'appeler ces associations. C'est épuisant.

Certaines de ces associations sont très personnelles, et d'autres font partie d'expériences communes: la culture.

La culture, qu'on a tant décriée sous prétexte de liberté, n'est rien d'autre qu'un terrain
de jeu commun, rempli d'archétypes, d'inconscient collectif, de belle langue, d'images anciennes, de jeux de mots et de sagesse populaire.
Lorsque le cortège des associations n'est pas appelé, il n'y a pas de terrain commun. On soliloque. On pourra dire que ça n'a aucune importance. Pour moi, c'est profondément attristant.

Je ne défends pas la culture en tant qu'outil de domination de ceux qui la possèdent sur ceux qui ne l'ont pas.
Je défends la culture et l'orthographe en tant que territoires d'imaginaire commun, lieux où nous pouvons manipuler des représentations communes et nous comprendre.
Si nous perdons cet imaginaire commun, nous perdrons le symbolique commun, ce qui est autrement plus grave.

Regardons autour de nous: beaucoup des absurdités du monde sont dues à la perte de ce symbolique commun. Il s'agit de la perte du pouvoir des mots, de la parole, de l'expression verbale, de la mise en forme des pensées en mots. Ce sont des pertes profondes qui mènent à la barbarie.
Lorsqu'en tant qu'adolescent, on ne peut plus dire: "Je ressens une énorme injustice, je ne comprends pas ce monde dans lequel vous me demandez de m'engager, je le refuse, je veux en construire un autre!", que fait-on?
On se procure un flingue, et on va tout dégommer.

C'est une illustration de la perte du symbolique – nous en voyons malheureusement souvent les effets, et ce n'est qu'un début…
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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 22:30
Vu "La vague" hier soir.
J'en suis sortie profondément remuée par un sentiment de désespoir.

Une chose que je savais déjà, au plus profond de moi: la "bête immonde", la tentation du fascisme, gît en chacun de nous. Je me le dis à chaque commémoration de l'holocauste, à chaque indignation devant les génocides du Rwanda: il n'y a pas de bourreaux d'un côté, de victimes de l'autre. Nous sommes tous potentiellement l'un et l'autre, en fonction des circonstances. Aucun de nous n'est capable de dire, dans des circonstances porteuses, s'il ne serait pas capable devenir à tout le moins silencieux, collabo, voire tortionnaire. Pour ma part, je n'en sais rien… Je souhaite sincèrement être assez forte pour faire preuve de courage et de lucidité…

Ce dont je me doutais sans l'avoir vécu, c'est qu'il est facile d'être soudé par une idéologie, aussi fausse soit-elle. Mais facile à ce point-là, je n'osais pas l'imaginer.

Ce que j'ai pris en pleine figure, que je savais déjà, mais que ce film le montre de manière magistrale, c'est que ces comportements dévastateurs puisent leur source dans la plus profonde misère humaine, la plus grande détresse, la plus grande solitude. La force de ces idéologies totalitaires est d'effacer le moi, l'ego souffrant, au profit d'une identité plus large, partagée, sécurisante dans le sens où elle dispense de penser.

Et mon désespoir vient de là. Dans nos sociétés repues, où peu d'individus manquent des éléments nécessaires à leur survie, les blessures affectives sont nombreuses et profondes, et peu ont les ressources pour métaboliser ces souffrances. L'évolution affective est tellement lente, tellement en retard par rapport aux découvertes technologiques, aux moyens matériels dont nous disposons…
Le terreau est bel et bien en place pour la prochaine catastrophe. Les individus peu matures, les blessures intimes, la frustration devant les incitations à la consommation, simultanément à des moyens matériels qui rétrécissent comme peau de chagrin.

C'est mon souhait, c'est ma prière, c'est mon désir le plus profond:
Attention… Ne laissons pas nos désirs de pouvoir nous enivrer. Ne faisons pas l'économie de faire face à nos blessures, ni celle de penser. Ne perdons pas de vue ce qui fait de nous fondamentalement des humains, plutôt qu'une meute.
Grandissons, mûrissons comme des fruits au soleil, conscients d'où leur vient la sève, cessons de saccager la vie en nous et autour de nous…

____________________________
La vague (die Welle)
"Un film de Dennis Gansel
Avec Jürgen Vogel, Frederick Lau, Max Riemelt, Jennifer Ulrich.

Tiré d’un roman de Todd Strasser qui s'inspire d'une expérience réelle menée en 1967 par un professeur d’histoire, Ron Jones, à Palo Alto, en Californie. Ron Jones démontra à quel point le modèle totalitaire du fascisme pouvait être envoûtant au yeux des élèves d'un lycée de Palo Alto. Ceux-ci étaient en effet parvenus à former en l'espace d'une semaine seulement un groupe soudé, discipliné, obéissant à des rigoureuses règles d'admission et plaçant la communauté au-dessus de tout. Adaptation du livre de Morton Rhue relatant la glaçante expérience de Ron Jones, transposée dans l'Allemagne contemporaine.
Analyse du film par le Nouvel Obs.

La vague, bande-annonce v.o. stf

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