Dubuffet, Asphyxiante culture 4
"Entre la sécrétion mentale et la production d'une œuvre qui la restitue et la transmette, il y a, c'est bien vrai, une très difficultueuse opération de mise en forme que chacun doit inventer telle qu'elle convienne à son propre usage. C'est bien plus vite fait d'y utiliser la formule de mise en forme que tient toute prête à disposition le culture. mais qui s'en saisit constate aussitôt qu'elle n'est propre à moudre qu'une seule sorte de grain, qui est le grain spécifique de la culture; elle le tient de même à disposition. D'où farine facilement faite, mais ça n'est plus du tout la vôtre.
La culture tient aussi à disposition un modèle de cervelle, faite de son grain, pour mettre à la place de la vôtre."
La culture comme processus d'acculturation… C'est plutôt savoureux, et sonne pour le moins juste pour moi.
Désirons-nous nous nourrir de ce grain transgénique et du même coup alimenter ce système qui nous dévore, ou sommes-nous prêts à désherber notre propre jardin, pour y cultiver des variétés plus râpeuses, moins grasses et moins policées, mais ô combien savoureuses?
Petit parallèle personnel entre la culture comme marchandise et l'industrie de agro-alimentaire…
Je m'égare, mais pas tant que ça: la notion de subversion n'est pas loin dans les deux cas, et c'est précisément la notion sur laquelle Dubuffet poursuit son texte.
La création affranchie des marchands comme substrat d'une autre organisation du monde?
Dubuffet – Paysage à l'auto 1953
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