J'ai besoin de vacance
Je suis perdue ces temps, et en ce moment de désorientation, ce blog me perturbe.
J'ai eu du plaisir à faire ce dessin pour le MAB hier, puis en le regardant, j'ai me suis rendu compte que j'avais fait une illustration "à la manière d'avant", enfin bien pire qu'avant, car vraiment je n'ai plus envie de "bien faire" – ça ne m'intéresse plus. Oui, c'est la faute du thème: je hais les thèmes, mais il a bon dos, le thème. Il y en a qui m'habitent, un point c'est tout, alors il me suffit d'entrer en résonance avec le petit coin de moi qui l'abrite. Il en est qui me sont étrangers, du moins que je ne vois pas comment traiter autrement qu'en illustrant, et vraiment, je me rends compte que je n'en peux plus de l'illustration – plus jamais l'illustration.
Me voici revenue à une série de choix par la négative: "pas ci, pas ça, pas ça non plus" qui me sont coutumiers. Tant pis. Il faut croire que j'ai besoin de procéder de cette manière.

Cette auréole d'encre mêlée d'eau laissée sur le papier par le pot où je rince mes pinceaux est la dernière trace de ma série au jour le jour. Elle illustre bien le moment: la boucle est bouclée, le vide est au centre, c'est une trace fortuite qui laisse présager de quelque aventure à venir. Fermée et ouverte, elle me va bien, aujourd'hui.
Je suis vraiment contente d'avoir publié quotidiennement pendant presque cinq mois. J'avais hâte d'enrouler la suite de la bobine de mon fil rouge. J'avais besoin de rester en contact permanent avec cette préoccupation de créer. J'avais hâte d'apprivoiser des formats plus grands. Ce blog a été un accélérateur de maturation et grand stimulant pour moi; mais on ne peut pas vivre tout le temps sous stimulant… J'espère que je vais continuer à créer de façon quotidienne, même sans le cadre du blog. Mais pas forcément en terminant un dessin par jour. Pas forcément en publiant ce que j'ai fait au fur et à mesure. De la mesure, justement, voilà ce qu'il me faut.
Si le nombre de choses pratiques que j'ai à faire m'en laisse le loisir, je vais commencer dès demain par m'asseoir et ne rien faire. Je vais fermer les yeux, ou les ouvrir, comme ça viendra. Je vais à tout le moins ouvrir les oreilles, les pores de ma peau, déboucher mon nez, respirer tranquillement et attendre. Attendre que l'outre vide que je suis ces jours se remplisse, doucement, à son rythme, si elle le veut bien.
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