Michaux, Emergences-résurgences, extrait IV
Je repousse. […]
D'ailleurs, repousser c'est également se dégager, briser les chaînes, recouvrer sa liberté, c'est l'envol.
Ne pas prendre, «repousser» pour ce que ça n'est pas et que ça ne va pas rester.
Noyau d'énergie (c'est pourquoi son objet ou son origine n'importe) il est l'obstacle et le tremplin magique qui va me donner ma vitesse de libération.
L'art est ce qui aide à tirer de l'inertie.
Ce qui compte n'est pas le repoussement, ou le sentiment générateur, mais le tonus. C'est pour en arriver là qu'on se dirige, conscient ou inconscient, vers un état au maximum d'élan, qui est le maximum de densité, le maximum d'être, maximum d'actualisation, dont le reste n'est que le combustible – ou l'occasion."

Henri Michaux – Peinture à l'encre de Chine, 1961
Je ne m'étais encore jamais formulé la notion d'énergie dans l'art de cette manière-là.
En revanche, j'ai toujours été sensible aux yeux des artistes, en particulier ceux de Picasso, qui m'ont toujours fascinée par la profondeur du regard et l'énergie immense qu'il contient, furieux même au repos…

La colère comme énergie…
Elle est à utiliser sans modération, elle se renouvelle autant qu'on veut, ne pollue pas, ne produit pas de gaz à effets de serre…
En un mot:
Fulminez!
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