Les sirènes
• Éviter d'écouter la petite voix paresseuse qui dit: "tu n'as qu'à faire comme l'autre jour, souviens-toi, ça avait bien marché…". Avec violence, lui répondre "hier c'était hier, aujourd'hui c'est aujourd'hui. Rien à voir".
• Éviter d'écouter l'autre petite voix anxieuse qui dit: "mais tu es sûre que tu vas y arriver? Oh là là, regarde, c'est mal parti… Fais donc attention, applique-toi". Hausser les épaules et lui tirer la langue.
• Éviter d'écouter la troisième petite voix distraite qui dit: "allez, de toute façon, tu t'en fous…". La chasser du revers de la main et être pleinement dans le présent.

Évidemment, plus la peinture que j'entreprends est gande, plus le travail est long, plus j'ai de chances de succomber aux injonctions de ces petites voix en route: j'ai enfin compris ce qu'étaient les sirènes…
Le champ de bataille est alors vaste, et les rangs serrés de mes petites voix ne me font pas de cadeau. En combattante plus ou moins aguerrie, je ferraille du pinceau, de la plume et du crayon jusqu'à l'épuisement de l'une des deux parties…
Si c'est moi qui succombe, la partie est perdue pour la journée, il me faudra reprendre le combat un autre jour.
Si ce sont mes petites voix qui ont fini par se taire, ma peinture est finie. Enfin!
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