Le développement durable, qu'est-ce que ça veut dire?
Le développement durable est une auberge espagnole…
Pour les uns, cela signifie responsabilité écologique, penser de nouveaux modes de vie moins gourmands en énergie et plus respectueux de l'environnement.
Pour ceux-là (dont je suis), il s'agit de repenser les échanges économiques, de prendre en compte les coûts réels, induits, de la circulation outrancière des marchandises, de modérer sa consommation d'énergie, de biens, pour réduire l'impact humain sur l'environnement.
| Contre-exemple: production de lait d'un côté de l'Europe, de pots de l'autre, envoi du tout encore ailleurs pour finir par la vente dans toute l'europe de yaourts qui auront fait près de 10'000 km) |
| Contre-exemple: les vieux dans les maisons de retraite sont soi-disant maltraités par le personnel. Il s'agit en fait de la course à la rentabilité qui pousse les employés dont le temps est compté à "s'occuper" de 10 vieux à la fois, dans un créneau horaire extrêmement strict. La maltraitance est ici institutionnalisée, le personnel maltraité n'a pas les moyens de traiter correctement les vieux. |
Pour les autres, et dieu sait si j'en entends, cela signifie : poursuivre la croissance (en y ajoutant un peu de vert…), et ce de manière durable (que le porte-monnaie se remplisse à tout jamais…).
Pour ceux-là, installer des ampoules économiques c'est pouvoir en mettre plus, installer une pompe à chaleur, c'est pouvoir vivre à 22° tout l'hiver, installer des panneaux solaires, c'est pouvoir chauffer l'eau de la piscine – au diable si la fabrication des ampoules économiques pollue, si on consomme le même nombre de kilowatts en chauffage qu'avant, si on consomme des mètres cubes d'eau en plus.
Pour ceux-là, le développement durable, c'est un marché immense, qui permettra de construire des usines de production en Chine, pour vendre de nouveaux produits en occident, et engranger plein d'argent dans les paradis fiscaux.
De ceux-là, je ne suis pas.
Pour moi, le développement durable est une louable intention qui ne va pas du tout assez loin.
Il ne s'agit pas de consommer vert, de se déplacer vert, de construire vert, etc. Pour sauver notre éco-système, il s'agit de consommer, se déplacer, travailler, s'agiter mille fois moins…
Il est grand temps de se rendre compte qu'un développement sans fin est analogue au cancer qui tue l'organisme qui le porte. Il serait normal que le développement stagne, voire régresse. Nous sommes saturés de biens, déficients en liens.
Souvenons-nous… Mais peut-être ne le savons-nous plus: la plupart des civilisations qui nous ont précédés se sont écroulées après avoir saccagé les ressources naturelles qui les nourrissaient (bois, eau, terres arables…). Nous y allons bon train.
On dit souvent abusivement "sauver la planète". Faux: la planète, elle s'en fout. Elle était là bien avant nous, elle sera là bien après nous. Nous ne sommes qu'une vermine qui court sur son dos.
Un jour, elle se grattera bien fort, et nous ne serons plus là.
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