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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 21:00

Timbres-poste, détails d'un dessin A6:

10 03-14


et d'un autre 18 x 24 cm:

10 03-14b

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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 17:50
Encore un passage dont je me délecte:

"Entre la sécrétion mentale et la production d'une œuvre qui la restitue et la transmette, il y a, c'est bien vrai, une très difficultueuse opération de mise en forme que chacun doit inventer telle qu'elle convienne à son propre usage. C'est bien plus vite fait d'y utiliser la formule de mise en forme que tient toute prête à disposition le culture. mais qui s'en saisit constate aussitôt qu'elle n'est propre à moudre qu'une seule sorte de grain, qui est le grain spécifique de la culture; elle le tient de même à disposition. D'où farine facilement faite, mais ça n'est plus du tout la vôtre.
La culture tient aussi à disposition un modèle de cervelle, faite de son grain, pour mettre à la place de la vôtre." 

La culture comme processus d'acculturation… C'est plutôt savoureux, et sonne pour le moins juste pour moi.
Désirons-nous nous nourrir de ce grain transgénique et du même coup alimenter ce système qui nous dévore, ou sommes-nous prêts à désherber notre propre jardin, pour y cultiver des variétés plus râpeuses, moins grasses et moins policées, mais ô combien savoureuses?

Petit parallèle personnel entre la culture comme marchandise et l'industrie de agro-alimentaire…
Je m'égare, mais pas tant que ça: la notion de subversion n'est pas loin dans les deux cas, et c'est précisément la notion sur laquelle Dubuffet poursuit son texte.
La création affranchie des marchands comme substrat d'une autre organisation du monde?

1953--paysage-a-l--auto.jpg 
Dubuffet – Paysage à l'auto 1953  
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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 16:49
Humeur-2746.JPG

Lumière de printemps sur table de travail maculée…
Et hop, un petit tour dehors au soleil maintenant! 
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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 17:43
"Il y a tous les degrés à l'imitation. Les historiens d'art savent gré à des artistes d'avoir été disciples de prédécesseurs. Ils ne prononcent pas alors le terme d'imitation, qui sonne un peu mal, mais celui d'influence. C'est même chez eux une obsession d'attribuer à toute œuvre de ces influences, sans que la pensée leur vienne d'en faire grief à son auteur. Ils l'en créditent même, y trouvant à son œuvre une justification. Au point qu'ils sont prêts à décrier l'œuvre si elle ne peut se prévaloir de telles références. Ce n'est certainement pas mon point de vue, dès lors que je n'attribue de mérite qu'à l'invention.
[…]
Je suis bien convaincu qu'il entre chez les faussaires une part émouvante de profonde adhésion aux œuvres imitées. Peut-être sont-ils plus honnêtes en faisant attribution du fruit de leur travail à l'artiste qu'ils ont copié que ne l'est l'imitateur qui signe l'imitation de son propre nom. J'ai visité naguère avec effarement l'atelier d'un faussaire qui ne peignait qu'à l'œuf, sur des fonds d'or, des vierges copiées des tableaux primitifs. Il faisait ces peintures avec une passion enfiévrée, s'identifiant aux vrais peintres de ce temps révolu, dont il avait fait seins le mode de vie et la mentalité. Il ressentait ces œuvres pleinement , y prenait pleine source d'extase. Etait-il coupable? C'est s'il avait fait des peintures procédant de positions d'esprit différentes de celles-ci devenues les siennes qu'il l'aurait été. […]
On peut dire à la fin que tout artiste est un faussaire, s'appliquant à faire ce qu'il imagine que ferait un merveilleux artiste qui demeure à venir et qu'il incarne. D'où résulte que tout le monde est plus ou moins faussaire et que tout faussaire ne l'est que pour une part."

Je suis toujours aussi réjouie de lire de tels propos, hors de l'"artistiquement correct".
Ce livre (Bâtons rompus), je le trimballe partout avec moi depuis 1998, et cette branche de bougainvillée témoigne.
Lecture salutaire, anti-normative, heureusement que je peux y puiser des forces de temps à autre.

Dubuffet.jpg
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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 21:31
10_03-11.jpg

L'entier est sur mon autre blog.
Je préfère ce recadrage à vrai dire… 
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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 21:45
Une mosaïque de détails tirés des dessins publiés sur mon autre blog, quelques-uns de ceux que je préfère.
(On peut cliquer sur les détails pour voir l'entier).

10_03-10-copie-1.jpg 10 03-06b
10 03-05a 10 03-04
10_01-17c.jpg 09_12-13_2.jpg
09_12-13_1.jpg 09_12-07_2.jpg
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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 21:23
Il faut que je vous parle de cet autre livre, "Bâtons rompus", le dernier livre de Dubuffet. Ce sont des entretiens fictifs rédigés à partir d'entretiens réels, qu'il a réécrits, probablement insatisfait des questions qu'on lui posait.
Encore un livre dans lequel je picore et dont je me régale périodiquement depuis des années. 

"Q. – A vous lire, n'importe quelle image peut indifféremment offrir un bon support à la pensée pour peu que celle-ci opère un réglage convenable établissant la bonne adaptation.
R. – Je demande à une image qu'elle produise sur l'esprit un effet d'éveil. Je la trouve inopérante si elle n'imprime pas à la pensée un brusque changement dans son assiette et son mouvement. Le mal contre lequel doit lutter la pensée est l'extinction dans l'immobilité de normes inchangées."

J'adore cette idée de brusque changement dans son assiette. J'imagine la cervelle opérant un quart de tour dans la boîte crânienne, saisie par ce que les neurones lui transmettent… 
Par-dessus tout, l'idée d'éveil me plaît. Elle est si fondamentalement différente de l'idée de "beau", je m'en régale et cela me renvoie plutôt au Tao Te King
J'ai encore de quoi méditer un peu, chic…

jean-dubuffet-corps-de-dame.jpg  
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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 18:35

A la recherche d'encres diverses, j'ai fait l'achat de deux bouteilles d'encre grise: une Sennelier (gris 701) et une Daler Rowney (gris de Payne 065).

 

J'ai d'abord essayé la Sennelier, et je ne me suis pas du tout entendue avec elle: appliquée sur surface mouillée, elle file, fait des filaments sans fin, ce qui pourrait ne pas être déplaisant s'il y en avait moins… Délavée en cours de séchage, elle se délaie complètement, sauf sur les bords déjà secs. On a alors un double trait à épaisseur variable, ce vide bizarre au milieu… Et lorsqu'on l'applique pure, elle fait un film brillant, très très brillant, beaucoup trop brillant pour moi. Si par hasard on a une sur-épaisseur d'encre quelque part, on obtient un paquet épais très déplaisant. Et elle tire, tire tire, au point que je me demande ce qui se passe si l'on maroufle le support papier. De plus c'est un gris de base, assez peu intéressant en tant que couleur.

 

J'ai ensuite essayé (pleine d'appréhension) la Daler Rowney: là, bonne surprise: leur gris de Payne est magnifique, subtil, l'encre se dilue bien, fait des dégradés fort agréables lorsqu'on la dilue. Un problème cependant: la composition du gris Payne ayant ici pour base un bleu très vif (bleu phtalo probablement), dans certains cas de dilution il réapparaît très fortement. Cela n'est pas pour me déplaire, mais ça ne conviendra certainement pas à tous. Je pense d'autre part que c'est tout à fait spécifique à cette couleur.

 

Encore un mauvais point pour Sennelier

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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 21:03
10 03-07b

Un détail d'une encre plus grande, que j'avais envie de vous montrer.
L'encre en entier est visible ici, si le cœur vous en dit, sur mon autre blog
Un cadeau de l'inattendu…

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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 15:48
Encore un extrait qui prend une résonance particulière aujourd'hui:

"[…] le grand mal auquel je pense est l'effet dévastateur du prestige conféré à certains ouvrages – par les prix marchands qu'ils obtiennent et par les hommages qui s'ensuivent (ou vice versa). Les honneurs démesurés rendus à ces ouvrages apparaissent au public motivés par des raisons obscures, le persuadent que la valeur des productions d'art résulte de critères qu'il ne perçoit pas, le détournent en conséquence de s'aventurer à y porter lui-même affection et encore plus à s'y adonner pour son propre compte. Les officiers de culture se complaisent d'ailleurs à maintenir cette démoralisation du public, voire à l'aggraver tant qu'ils peuvent dès lors que, solidaires du corps d'Etat qui est constitué gardien de la notion de valeur, et chargé d'attribuer les brevets de valeur, il est pour eux capital de la présenter comme  mystérieuse et rare, perceptible à eux seuls, ne pouvant naître qu'en leurs rangs. Toute leur vigilance est mobilisée à empêcher que le public puisse mettre en question le privilège de leur Eglise et fasse crouler tout le système en prenant l'idée que ces valeurs sont imaginaires et que l'est pour commencer la notion de valeur elle-même.

Les artistes sont, à peu près tous sans exception, complices de cette imposture, plutôt d'ailleurs à cause d'un enchaînement que par impulsion directe. Sans la pression de l'état de choses existant, c'est seulement d'affection pour leurs œuvres qu'ils seraient en quête […]"

Dubuffet soulève là les questions centrales du capitalisme: créer de la rareté pour accroître la valeur des choses est un mécanisme bien connu. Nous, artistes, tombons en courant dans le piège: nous nous précipitons par milliers vers un même but: concours, foire de l'art, distinctions, etc., certains que seul un nombre très restreint d'entre nous seront admis au cénacle, qui lui seul est en mesure d'adouber les heureux élus.
Tiens… ça me rappelle quelque chose… Cette course, originaire, dont nous sommes tous issus…

Est-ce vraiment pour entrer dans cette course que nous nous sommes mis à créer? Ne nous sommes pas plutôt conformés, à contre-cœur ou de gaîté de cœur, à la structure hyper-hiérarchisée de notre environnement?
Mais quelle est l'impulsion à créer, au départ, au tout début de notre désir?
Nous en souvenons-nous seulement?

On dit l'artiste égotiste, créant pour être aimé, reconnu, pour panser des blessures narcissiques  (le grand enfant), ou lorsqu'il "réussit", pour gagner beaucoup d'argent (le grand imposteur)…

Si la structure sociale était différente, qu'en serait-il? On perçoit l'artiste depuis la structure sociale telle qu'elle est, et on l'y place commodément.
Et si l'on regardait les choses à l'envers, à partir de l'humain, tel qu'il a toujours été, en amont de la structure sociale?

La création est simplement fondamentalement humaine: le moyen d'exprimer ce que les mots ne permettent pas.
Nous partageons cet élan d'expression de l'indicible avec nos ancêtres depuis 35'000 ans.
C'est la façon qu'ont les individus de notre espèce d'exprimer ce qu'ils ressentent devant ce qui les dépasse – la sidération, l'angoisse, la transe, le désir, par des paroles qui ne séparent pas, mais les rassemblent.

D'une faculté universelle, cette société marchande a fait un objet de commerce.
De notre sensiblité la plus profonde, elle a taillé les rameaux qui auraient été disgracieux sur l'étal.
Et nous, artistes, nous nous laissons faire, car nous y sommes jusqu'au cou.

Merci encore, Jean, pour ces contrées où tes écrtis m'emmènent!

01--Jean-DUBUFFET--Galeries-Lafayette--1961--gouache-sur-pa.jpg
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